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Pourquoi nous devrions faire tout ce qui est en notre pouvoir pour hâter le rejet du vieillissement humain

Cette page, une de mes cinq FAQ ("Foire Aux Questions") regroupe les préoccupations selon lesquelles combattre le vieillissement est une mauvaise idée ou une priorité de seconde importance. Les autres pages FAQ apportent des réponses aux:

- défis généraux à la "crédibilité" de SENS,
- questions concernant les possibilités de durée de vie des individus selon leur âge,
- critiques à propos de la façon dont je vais m'y prendre pour faire de SENS une réalité, et
- questions portant sur les moyens d'aider l'effort de SENS.

Je travaille pour remédier au vieillissement, et je pense que vous devriez en faire autant, parce que j'estime que sauver des vies est la chose la plus utile que l'on puisse passer son temps à faire, et puisque plus de 100 000 personnes meurent chaque jour de causes dont les jeunes ne meurent pas généralement, vous sauverez plus de vies en aidant à remédier au vieillissement que d'aucune autre façon.(Consultez Lopez et al 2006, Lancet 367:1747-1757 pour une analyse récente des taux de mortalité spécifiques à chaque cause, en particulier son "webtable 2".) Certaines personnes peuvent apporter plus que d'autres, bien sûr, mais ne sous-estimez pas l'importance que vous pouvez avoir dans tout cela: regardez ici pour commencer, et réfléchissez aussi à propos de ce que vous pourriez faire que je n'y mentionne pas.

Si vous n'êtes pas convaincu(e) que le vieillissement devrait être guéri au moment où vous quittez cette page, je vous encourage à m'envoyer un email avec vos raisons. Si vous êtes convaincu(e), envoyez-moi aussi un email - de cette façon nous pourrons travailler ensemble et faire le meilleur usage de vos talents (y compris, peut-être, améliorer ou ajouter des choses aux arguments présentés sur cette page). Ce qui signifie que si vous ne m'envoyez pas d'email, vous considérez qu'il n'y a pas de problème à ne pas agir pour remédier au vieillissement, de même qu'il n'y a pas de problème à ne pas être capable et disposé à dire pourquoi cela ne vous pose pas de problème. N'oubliez pas cela.

1) Les arguments sociétaux selon lesquels ce ne serait pas bien de remédier au vieillissement
Remédier au vieillissement engendrerait une terrible surpopulation
Les thérapies de rajeunissement seraient exclusivement mises à la disposition des riches
Nous ne pourrions jamais être à la retraite
Les tyrans vivraient pour toujours - on n'arrêterait pas le progrès!

2) Les arguments biomédicaux selon lesquels ce ne serait pas bien de remédier au vieillissement
Nous avons besoin de décès et de naissances pour maintenir la résistance de l'humanité aux infections

3) Les arguments personnels ou philosophiques selon lesquels ce ne serait pas bien de remédier au vieillissement
Les jeunes sont les plus créatifs, donc les multi-centenaires seraient ossifiés
Avec autant de temps, nous n'aurions aucune volonté de nous surpasser
Avec une telle quantité de vie en jeu, il nous faudrait abandonner tout ce qui est excitant mais risqué
Le cours actuel de notre vie est un élément clé de ce que cela signifie d'être un humain
Il n'est pas naturel d'échapper au vieillissement, c'est jouer à Dieu
Cela ne signifierait pas sauver des vies, ce serait prolonger des vies
Nous oublierions notre jeunesse à tel point que nous ne serions plus les mêmes personnes

4) Les arguments selon lesquels ce n'est pas important de remédier au vieillissement
Je n'ai pas vraiment envie de vivre jusqu'à 1000 ans!
Je suis trop vieux pour avoir la chance d'en bénéficier
Nous devrions d'abord nous concentrer sur les soins aux maladies et subvenir aux besoins des personnes affamées
Nous devrions nous occuper de repousser la fragilité, pas la mort
La vie est déjà suffisamment longue pour accomplir la plus grande partie de ce qu'elle peut offrir

1) Les arguments sociétaux selon lesquels ce ne serait pas bien de remédier au vieillissement

Il y a deux façons de répondre aux réserves à propos des conséquences sociales possibles liées au fait de remédier au vieillissement. L'une d'entre elles est d'examiner chacune de ces réserves en profondeur et d'élaborer un argument détaillé sur la façon dont nous pourrions éviter le scénario en question. Je pense que cette approche est utile; je l'ai moi-même adoptée ici et plus bas dans le texte, et beaucoup d'autres l'ont adoptée, souvent mieux que moi. Mais j'ai aussi une autre façon plus générale de répondre, qui permet entre autres choses d'éviter les objections telles que: "Et bien, oui, c'est une stratégie, mais si elle échouait?". A savoir: prêtez attention, vous tous - nous sommes en train de parler de vies humaines, 100 000 vies par jour. Qu'est-ce que vous faites en ce moment si vous vous ennuyez? - Est-ce que vous vous tuez? Je ne crois pas. La société a toujours connu des problèmes et en connaîtra sans doute toujours, elle travaille à les réduire au maximum et à les résoudre, comme les problèmes technologiques. Prétendre que nous serons à ce point incapables de faire face aux problèmes futurs qu'il vaut mieux condamner des milliards indéfinis de personnes à la durée de vie misérable de leurs ancêtres est une mauvaise plaisanterie de toute façon, mais plus mauvaise encore quand nous considérons à quel point il est peu vraisemblable que les problèmes en question s'avèrent pires ou plus difficiles à affronter que ceux que nous avons affrontés dans le passé. Ce n'est pas non plus comme si les problèmes que nous avons affrontés avec succès dans le passé semblaient moins décourageants. Par exemple, qui aurait pensé en 1850 que la société serait disposée à se soumettre à l'indignité de porter d'absurdes bidules en caoutchouc chaque fois que les gens auraient des rapports sexuels, simplement pour entraver l'explosion de la population qui suivait la quasi-élimination de la mortalité infantile? Pourtant, c'est exactement ce qui s'est passé partout dans le monde industrialisé, avec aucune contrainte si ce n'est la simple raison selon laquelle les enfants qui sont tout de même mis au monde coûtent très chers.

Remédier au vieillissement engendrerait une terrible surpopulation

Peut-être vous attendez-vous à ce que je propose une solution qui devrait et par conséquent serait nécessairement adoptée par la société. A vrai dire, je ne le ferai pas. Les deux réponses que je donne ne disent rien sur les dispositions précises que la société prendra, l'une concernant le passé et l'autre concernant les droits de l'homme. Ainsi, je passerai en revue quelques-uns des points concernant les solutions que nous pourrions choisir, et je dissiperai peut-être quelques inquiétudes, mais n'oubliez pas qu'il ne s'agit pas pour moi de dire ce que la société fera véritablement selon moi.

Tout d'abord regardons dans le passé. Mettez-vous dans la position de quelqu'un de puissant - le premier ministre français, par exemple - en, disons, 1870 environ, lorsque Pasteur passait son temps à dire que l'hygiène pouvait presque totalement éviter les décès de nouveau-nés dus aux infections et le décès pendant l'accouchement. Dans votre position, vous avez quelque influence sur la rapidité avec laquelle ce savoir peut se répandre - et par conséquent, sur la rapidité avec laquelle des vies peuvent commencer à être sauvées. Mais vous réalisez que plus tôt les gens commenceront à adhérer à ces principes et à se laver les mains et tout ce qui s'en suit, plus tôt la population commencera à exploser à cause de tous ces enfants qui ne meurent pas. Qu'est-ce que vous auriez fait? - vous auriez répandu l'information aussi tôt que possible, ou bien vous auriez fait tout votre possible pour ne pas la divulguer afin de retarder la crise de la population? Je n'ai encore jamais rencontré de personnes qui disent qu'elles auraient fait le second choix. Avec l'élimination du vieillissement, il n'y a pas de différence. Aucune. Donc, explicitement: bien sûr, il pourrait bien y avoir une sorte d'explosion de la population, comme il y en a eu à la suite de l'élimination de tous ces décès - et nous pourrions y répondre en réduisant le taux de natalité aussi rapidement que nous l'avons fait à ce moment-là, ou bien nous pourrions prendre plus de temps - mais la première des priorités est d'arrêter le massacre. Tout le reste n'est que détail.

Maintenant en ce qui concerne l'aspect des droits de l'homme. La population de la Terre augmentera probablement très rapidement dans la période qui suivra immédiatement la mise en disponibilité de ces traitements, et nous serons confrontés à un choix simple: soit nous utilisons les traitements, vivons longtemps et avons très peu d'enfants, soit nous continuons à avoir des enfants au rythme actuel et nous évitons d'utiliser les traitements, de telle sorte que nous continuons à mourir de vieillesse comme en ce moment. Je ne dis pas que je sais quel choix fera la société à ce moment-là. Ce que je dis, c'est que la population de cette époque future a le droit de faire son propre choix, et de ne pas le voir fait à sa place par la société d'aujourd'hui. Si nous retardons le développement des thérapies de rajeunissement, nous condamnons la société à venir à mourir à des âges auxquels nous mourons actuellement, que les gens de cette société future soient d'accord ou pas. Nous n'avons pas le droit de faire cela; nous avons le devoir de développer ces thérapies aussi vite que possible afin de laisser le choix à la société à venir. De la même façon que le parlement n'a pas le droit (au Royaume-Uni) de forcer ou limiter les choix des parlements à venir, la société d'aujourd'hui n'a pas le droit d'imposer les choix de la société future.

Nous pouvons à présent discuter des possibilités concrètes. Il y a quatre points à prendre en considération:

- la situation la plus alarmante liée à l'arrivée du problème de la surpopulation;
- la chance que le problème ne se pose jamais;
- les options si le problème se pose selon le moment où il se pose;
- à qui le choix devrait revenir de décider parmi ces options.

(Oui, le dernier de ces points reprend en quelque sorte ce que j'ai dit plus haut. Je pense que cela mérite d'être répété.)

1) La situation la plus alarmante - trois points principaux.

Tout d'abord, le taux maximal de croissance (c'est-à-dire en supposant que nous ayons des thérapies de rajeunissement complètement efficaces, disponibles universellement) équivaut à une grande ville par an. Ce sont à vrai dire d'assez bonnes nouvelles - ce n'est pas beaucoup plus que ce que nous connaissons en ce moment, puisque le taux de natalité mondial excède déjà le taux de mortalité d'une marge énorme. Donc, nous aurons vraiment beaucoup de temps pour trouver ce qu'il faut faire à propos de ce problème avant d'avoir à faire quoi que ce soit. D'autres problèmes de logistique, tels que former suffisamment de personnel médical pour administrer les thérapies, nous toucheront bien plus tôt.

La seconde bonne chose est que même alors que la surpopulation prendra des proportions importantes et lorsque cela arrivera (si cela arrive - voir plus bas), cela se fera très progressivement. Nous serons capables d'expérimenter diverses solutions, de voir à quel point elles sont efficaces, d'en essayer d'autres, etc.

Le troisième point à avoir à l'esprit est qu'une proportion extrêmement élevée de gens semble aimer vivre en ville. Avec les montants stupéfiants de richesses qui seront libérés par le fait de ne plus avoir de personnes fragiles, il deviendra réalisable de construire des logements urbains de très haute qualité pour chacun, et la densité de ces habitations sera telle qu'une population d'au moins 20 milliards de personnes empiètera à peine sur la quantité d'espace rural qui existe actuellement.

2) Cela arrivera t-il un jour?

Nous aurons une crise de la population seulement si le taux de natalité excède vraiment le taux de mortalité d'une importance considérable pendant une période prolongée. Il y a des statistiques intéressantes (comme ici) qui traduisent qu'un nombre nettement croissant de femmes choisissent de ne pas avoir d'enfants du tout - la proportion de femmes qui sont volontairement sans enfant aux USA a augmenté d'un facteur de 2,75 en seulement 13 ans entre 1982 et 1995, par exemple - et il semble probable que la raison soit simplement l'émancipation de la femme: en premier lieu, les femmes trouvent de plus en plus possible d'occuper leur temps à des choses qu'elles trouvent plus épanouissantes que d'avoir des enfants, et en second lieu, elles échappent à leur éducation selon laquelle avoir des enfants est la seule voie valable dans la vie. (Personnellement, je trouve que le fait de bombarder les petites filles avec des poupées et autre attirail assorti relatif à la maternité est tout aussi scandaleux que de bombarder les petits garçons avec des imitations d'armes à feu, et à la fois les garçons et les filles avec toutes sortes d'idéologies.) Il y a par ailleurs des arguments psychologiques qui suggèrent que même si nous voulons des enfants, nous aurons tendance à les vouloir à intervalles en constante augmentation, car le développement mental continu qui peut se produire avec une période plus longue de capacité mentale jeune redéfinira progressivement l'enfance et la maturité à des âges de plus en plus importants.

3) Quelles sont nos options si cela arrive?

En principe, nos options sont extrêmement simples: soit limiter le taux de natalité, soit augmenter le taux de mortalité. Le taux de mortalité peut être augmenté de plusieurs façons - restreindre l'accès aux thérapies de rajeunissement (par conséquent tuer les personnes âgées), restreindre l'accès aux antibiotiques (par conséquent tuer les personnes qui se situent dans les régions les plus atteintes par des infections), ou encore restreindre l'accès aux soins médicaux en général (par conséquent tuer sans doute les gens pauvres). Le taux de natalité peut être maintenu bas par, voyons, des gens agissant dans leur propre intérêt personnel éclairé en choisissant de ne pas avoir d'enfants, de la même manière qu'aujourd'hui nous choisissons de ne pas envoyer dans l'environnement des gaz contribuant à l'effet de serre, des produits chimiques diminuant la couche d'ozone et autres polluants environnementaux. (Je me rends compte que les Etats-Unis ne représentent pas vraiment le fer de lance en ce qui concerne ces efforts mais ce retard sera bientôt comblé, je pense.) Hm...tuer des gens ou ne pas avoir d'enfants...ce n'est pas un choix extrêmement difficile à faire, n'est-ce pas? Mettez-vous dans cette situation: que choisiriez-vous de faire? Avoir un enfant et tuer quelqu'un? Vous-même? Certains pourraient même aller jusqu'à imaginer des vigiles se déplaçant pour tuer les gens qui ont eu des enfants et de cette façon avoir fait en sorte que la vie de chacun soit mieux remplie. L'individualisme éclairé deviendrait plutôt plus difficile alors...Des alternatives qui (à cause de l'arrivée progressive du problème mentionnée plus haut) inclueraient toutes très probablement d'influencer ces choix par la taxation. Ce n'est sans doute pas un hasard si la nation européenne qui présente le taux de natalité le plus élevé est celle (la France) qui possède la caisse d'allocations familiales la plus généreuse.

L'option de l'émigration de masse dans l'espace mérite d'être brièvement examinée. Cette option semble ne pas être de nature à rassurer les gens (puisque la réaction de la plupart des gens se résume au fait que vivre dans une station spatiale ne serait pas très agréable), mais peut-être est-ce par manque de perspicacité. Cependant, il est important de noter que même dans la mesure où nous émigrerions véritablement en nombre suffisant pour permettre de maintenir le taux de natalité d'aujourd'hui sur la Terre (et donc la proportion de gens qui sont enfants), nous ne pourrions pas maintenir cette proportion indéfiniment au niveau de toute l'humanité (en incluant l'espace), car l'espace serait plein. Sérieusement. L'espace dans son ensemble ne serait pas rempli, bien sûr, mais le seul espace qui nous importe est l'espace que l'on peut atteindre au moment où nous voulons l'occuper, et il est limité par la vitesse de la lumière, donc dans un objectif pratique l'espace est beaucoup plus petit (bien qu'il augmente avec le temps). Vous devez penser qu'il ne s'agit là que d'une différence théorique mais il se peut que vous ayez tort. Afin que la proportion de l'humanité âgée de moins de 18 ans (disons) demeure constante, malgré un taux de mortalité indépendant de l'âge (et très bas), l'ensemble de l'humanité doit augmenter de façon exponentielle. Mais l'ampleur de l'espace qui nous est accessible n'augmente que de façon cubique - le volume d'une sphère au rayon augmentant linéairement. Donc finalement, nous finirions par nous heurter à la barrière de la vitesse de la lumière. Vous aimeriez savoir dans combien de temps? Incroyablement, il s'avère que cela arriverait après seulement quelques milliers d'années (et il s'agit là d'hypothèses tout à fait généreuses à propos de la densité de la population). Il y a aussi le problème un peu plus prosaïque selon lequel nous viendrions à manquer de matière pour construire nos stations spatiales (ou nous-mêmes, d'ailleurs) à partir, probablement, du moment, et cela adviendrait plus tôt, où nous aurions fini de peupler le système solaire.

Ce n'est pas tout à fait la fin du problème, cependant. Un scénario suggéré par certains comme étant tout à fait probable est que notre désir d'avoir des enfants diminuera progressivement concernant l'urgence, même s'il ne diminue pas en intensité. Si tel est le cas, il se pourrait que nous nous trouvions, de façon générale, heureux d'avoir des enfants selon un calendrier qui s'étendrait de manière exponentielle - par exemple, nous aurions un enfant seulement lorsque nous serions deux fois plus âgés que lorsque nous avons eu notre dernier enfant. Il s'avère que cette formule n'est pas suffisante pour ralentir la croissance jusqu'au taux cubique qu'il nous faudrait pour que le problème de la vitesse de la lumière ne se pose pas - ce qu'il nous faudrait, à vrai dire, c'est quelque chose d'un peu plus draconien, comme un âge progressivement de plus en plus important auquel les gens auraient leur premier enfant - mais vous voyez de quoi il s'agit.

4) A qui ce choix devrait-il appartenir?

La réaction de la plupart des gens, bien sûr, est qu'un tel monde (pas d'enfants à qui parler, et avoir sa vie menacée ou du moins son argent, si l'on décide de procréer) ne vaudrait pas la peine d'être vécu. Mais qui sommes-nous pour prendre cette décision à la place des générations futures? Comment pouvons-nous même savoir quelle décision nous prendrions nous-mêmes? Je me plais à rappeler aux gens à quel point fut brève l'explosion de la population qui a résulté de la quasi élimination de la mortalité infantile, il y a un siècle, quand nous avons tous découvert l'hygiène. Que s'est-il passé? Réponse: nous avons trouvé qu'avoir une dizaine d'enfants avait un prix prohibitif, et nous nous sommes pliés avec enthousiasme à l'indignité barbare de porter d'absurdes bidules en caoutchouc à chaque rapport sexuel afin d'éviter cela. Que croyez-vous que les gens auraient dit en 1850 si vous leur aviez proposé cela comme une stratégie pour éviter l'imminente explosion de la population? Evidemment, ils vous auraient ri au nez. Nous n'avons pas la moindre idée de ce que nous choisirons de faire lorsque le besoin apparaîtra de diminuer davantage le taux de natalité.

Le fait que nous ne puissions pas prévoir ce que les gens qui seront confrontés à ce choix feront est la raison première pour laquelle nous avons le devoir envers ces gens de tout mettre en oeuvre maintenant pour remédier au vieillissement aussi tôt que possible. Plus tôt nous ferons cela, plus nombreuses seront les personnes dans le futur à avoir l'opportunité de faire le choix de vie qu'elles souhaitent (y compris de refuser la thérapie de rajeunissement et en conséquence de mourir, si ces personnes trouvent véritablement qu'un monde avec de moins en moins d'enfants ne vaut pas la peine d'être vécu). Plus nous perdrons de temps à tergiverser, plus nombreux seront les gens que nous priverons de ce choix et que nous condamnerons à mourir. C'est aussi simple que ça. Ces gens sont des êtres humains aussi, et ils ont le droit de se voir laissé (par d'autres - nous) ce choix le plus fondamental d'entre tous, le choix de la vie.

Les thérapies de rajeunissement ne seraient accessibles qu'aux riches

Il n'y a pas le moindre risque que ces thérapies soient limitées par l'aptitude à payer pendant plus de quelques années après leur arrivée. Je suis sûr de cela pour plusieurs raisons. En voici quatre d'entre elles.

La première raison est une raison légèrement sombre. Quand un remède contre le vieillissement sera développé, les gens auront vraiment très envie d'en bénéficier - bien plus qu'ils n'ont envie de se procurer les remèdes contre des choses qui peuvent seulement leur permettre de prolonger la vie de quelques années. Le problème avec la démocratie, c'est que cela ne fonctionne bien que pour des questions dont les gens se préoccupent véritablement, suffisamment pour que cela détermine pour qui ils vont voter. La médecine moderne ne parvient simplement pas à réaliser cela - l'économie, quant à elle, y parvient. Mais cela ne se vérifiera pas avec un remède contre le vieillissement. Aussitôt qu'un véritable remède deviendra largement attendu - si ce n'est vraiment développé - il deviendra impossible de faire élire autre chose qu'une plateforme intégrant un projet Manhattan pour activer la mise en place d'un remède, à la fois en termes de développement et en termes de diffusion. Les brevets d'inventions qui menaceront de ralentir la campagne en faveur de l'accès pour tous seront nécessairement sujets à l'expropriation par les pouvoirs publics (à un prix très élevé, bien sûr, mais obligatoire néanmoins). Toutes les lois que nous voyons actuellement entraver un tel progrès seront retirées aussi rapidement que cela s'avèrera nécessaire. Cela se produira non seulement à cause du processus démocratique (qui fonctionne seulement à un niveau national) mais aussi à cause du processus politique mondial. Depuis le 11 septembre, il y a une bonne intelligence selon laquelle rendre un grand nombre de personnes très en colère est une mauvaise idée pour tout le monde, et par conséquent on percevra comme faisant partie de l'individualisme constructif du monde industrialisé, le fait de rendre les thérapies de rajeunissement accessibles à tous (à un prix abordable, même si cela signifie gratuitement) aussi vite que possible. Après tout, l'intérêt d'acheter les thérapies de rajeunissement est de vivre plus longtemps, pas de se faire "exploser" par quelqu'un provenant de l'autre côté du monde qui ne vous apprécie pas, vous et vos compatriotes, parce qu'ils n'ont pas les moyens de se procurer ces thérapies.

La seconde raison est moins menaçante. Il y aura une période d'au moins une décennie, que j'appelle la Guerre contre le vieillissement, qui débutera avec la réalisation de résultats sur les souris suffisamment impressionnants pour débarasser la société de son fatalisme actuel et faire en sorte que les gens veuillent remédier au vieillissement aussi tôt que possible. A ce moment-là, il y aura du grabuge - la société sera désorganisée de mille façons, (par ex.) personne ne voudra plus faire de travail risqué comme pompier - mais l'intérêt principal ici est que (comme noté plus haut) il deviendra politiquement obligatoire de mettre un bon paquet d'argent, l'argent des contribuables, à activer la fin de la mort causée par l'âge. L'expression "Guerre contre le vieillissement" est appropriée, contrairement à "Guerre contre le cancer", parce que les gens voudront faire des sacrifices à l'échelle de ceux que l'on peut faire en temps de guerre afin d'arrêter le massacre aussi tôt que possible. La taxation constituera le sacrifice principal de ce genre, payer pour la formation d'un nombre considérable de personnel médical, pour administrer ces thérapies dès que possible lorsqu'elles arriveront, et aussi fournir beaucoup plus de soins médicaux traditionnels complets entre-temps afin de donner aux gens autant de chance que possible d'être encore en relative bonne santé à ce moment-là. Cela signifie que le temps que les thérapies de rajeunissement arrivent véritablement, la société aura déjà fait ce qui était nécessaire afin de s'assurer qu'au moment de leur distribution, ces thérapies seront gratuites pour tous ceux qui sont suffisamment âgés pour en avoir besoin.

La troisième raison est en réalité un renforcement de la seconde, en ce sens qu'il s'agit d'une façon de vous aider à voir que le développement que je viens juste de décrire n'est absolument pas utopique - en fait, il est tout à fait certain que cela se produira. C'est un scénario purement hypothétique, dont les conséquences en termes de réaction de la société sont évidentes et dont la conception similaire avec tous les aspects pertinents de la Guerre contre le Vieillissement est également évidente. Voici de quoi il s'agit.

Le HIV est un virus que nous ne savons pas encore éliminer du corps, et contre lequel nous n'avons pas encore de vaccin (c.-à-d. de moyen d'éviter que les personnes non infectées le deviennent). Les médicaments que nous mettons au point à présent visent à réprimer le HIV suffisamment pour qu'il n'évolue pas en SIDA généralisé, même si le HIV demeure toujours dans le corps. Mais ces médicaments sont assez chers, en particulier dans les pays riches où l'industrie pharmaceutique est autorisée à appliquer des majorations extrêmement élevées pour couvrir les dépenses réalisées pour développer et tester ces médicaments.

Donc, voici mon scénario: le HIV subit une mutation telle qu'il devient aussi contagieux que la grippe, se propageant par l'air. Que ferait la société?

Examinons tout d'abord ce que cela signifierait en termes de maladie et de mortalité si la société ne faisait pas grand-chose. De nombreux virus sont aussi contagieux que la grippe, mais il n'en existe que deux catégories: soit (a) ils agissent de façon brève sur la personne infectée, parce que celle-ci meurt ou bien au contraire parce que son système immunitaire élimine l'agent infectieux, soit (b) ils infectent le corps de façon permanente mais sans symptôme significatif. Les maladies les plus connues appartiennent à la catégorie (a) - la grippe en est une. Quelques autres appartiennent à la catégorie (b) - la plus importante est le cytomégalovirus (CMV). Et je suis sûr que vous savez, grâce aux informations concernant la grippe aviaire et l'éventualité d'une pandémie, que les virus subissent des mutations, de façon imprévisible, vers des formes beaucoup plus dangereuses. Donc, le scénario que je vous demande de considérer n'est pas ridiculement peu vraisemblable. (En fait, il l'est heureusement, parce que le HIV n'est pas "la bonne sorte de virus" capable de subir ce type de mutation - mais cela ne doit pas vous empêcher de prendre ce scénario en considération et de voir ce que cela donnerait, comment les gens réagiraient à l'annonce du "rajeunissement réussi d'une souris robuste".)

Si cela arrivait, nous pouvons être tout à fait sûrs que quasiment chaque personne dans le monde deviendrait porteuse du HIV en seulement quelques années. La plupart des gens ont le CMV, et ce n'est pas aussi transmissible que la grippe, ainsi il ne s'agit pas d'une suggestion controversée.

Il est donc temps de répondre à cette question: que ferions nous? Eh bien, une possibilité serait d'augmenter la production et l'administration de médicaments anti-HIV afin que tout le monde les obtienne. Est-ce que c'est financièrement plausible? En fait, j'ai fait le calcul pour vous, et il s'avère que le coût pour les USA serait à peu près le même que le coût de la guerre en Irak. Tout à fait faisable, en d'autres mots. Les calculs pour le reste du monde ne sont pas très différents; n'oubliez pas que le fait qu'en Afrique sub-saharienne, beaucoup plus de gens soient atteints, est hors de propos ici, car dans ce scénario tout le monde, partout, est atteint.

Je pense qu'il est parfaitement clair que le monde répondrait au scénario du HIV généralisé en investissant les fonds nécessaires pour pouvoir donner à tous, les médicaments anti-HIV efficaces. Maintenant, revenons-en au vieillissement: quelle est la différence? Ne perdez pas de vue que je prends en considération ici le moment où nous avons obtenu des résultats sur les souris qui permettent de convaincre la communauté scientifique qu'il s'agit seulement d'une question de temps avant que nous puissions arrêter le processus du vieillissement chez les humains, et que cela pourrait demander seulement une décennie ou deux.

En somme, y-a-t-il des différences notables? Je ne pense pas. Le fait que les thérapies anti-vieillissement n'existent pas encore ne constitue pas une différence, car la capacité à fabriquer suffisamment de médicaments n'existe pas non plus dans mon scénario HIV. J'en conclus, par conséquent, que la société n'hésitera à aucun moment à dépenser l'argent (c-à-d. à élire des gouvernements qui mettront en place des taxes pour obtenir cet argent) afin de rendre le vieillissement facultatif pour chacun, quelle que soit l'aptitude à payer.

Pour terminer, voici ma quatrième raison pour rejeter l'argument de "l'inégalité de l'accès" aux thérapies qui s'oppose au développement des thérapies anti-vieillissement. Il s'agit là d'un argument plutôt intellectuel ultraconservateur, mais bon, certains de ceux qui lisent ceci se perçoivent peut-être comme des philosophes et préfèrent des arguments comme celui-là.

La question qui nous occupe est la suivante: même en supposant que les arguments sociologiques et économiques ci-dessus sont faux, et que ces thérapies (lorsqu'elles seront développées) seront pendant de nombreuses années (ou même peut-être pour toujours) disponibles seulement pour une petite partie de l'humanité, vaut-il mieux les développer et supporter cette inégalité de l'accès, ou bien vaut-il mieux éviter de les développer afin d'éviter une telle situation semant la discorde?

Afin de répondre à cette question, je vais aborder un troisième scénario. Ce troisième scénario n'est pas réaliste, mais il n'a pas besoin de l'être pour ce que je veux faire, car mon objectif est de l'utiliser comme un intermédiaire entre les deux autres scénarios réalistes entre lesquels nous espérons introduire une distinction. En d'autres mots, je vais exposer un scénario qui est incontestablement meilleur que le scénario de ne jamais développer ces thérapies, et qui est aussi incontestablement pire que le scénario de les développer et de les rendre accessibles à autant de gens que possible même si, pendant un certain temps ou peut-être pour toujours, nous ne pourrons pas les fournir à tout le monde. Puisque la valeur est équivalente, cela suffira à montrer que développer ces thérapies pour vaincre le vieillissement est mieux que de ne pas le faire même si ces thérapies seront pendant un moment (ou peut-être définitivement) disponibles seulement pour les riches.

C'est très simple: le scénario consiste à développer ces thérapies aussi rapidement que nous le pouvons, mais nous ne laissons à vrai dire personne les utiliser jusqu'à ce que nous ayons baissé suffisamment leur coût pour pouvoir les donner à chaque personne assez âgée pour en avoir besoin.

Ai-je besoin de développer? Je ne crois pas. La comparaison entre ce scénario et celui de ne pas du tout développer les thérapies exclut le problème d'un accès inégal, car dans les deux scénarios l'accès est le même. Par conséquent, il est clair que ce scénario hypothétique est meilleur que de ne pas du tout développer les thérapies. De même, la comparaison entre le scénario de l'accès tardif et l'option de permettre cet accès aux gens aussi tôt que nous le pouvons malgré l'inégalité, est aussi claire: retarder l'accès signifierait condamner des personnes à une mort inutilement précoce.

Nous ne nous mettrions jamais à la retraite - les indemnités de retraite seraient inabordables

Non: elles seraient inabordables seulement si nous nous mettons en retraite à un âge donné et restons en retraite pour toujours par la suite. Ce qui se passera en fait, c'est que la retraite deviendra périodique. Il y aura une demande énorme concernant l'enseignement pour adultes et la reconversion, de telle sorte qu'après une décennie passée à jouer au golf, on pourra intégrer une nouvelle carrière pour les 40 années suivantes. Le golf à longueur de journée pour toujours ne sera plus aussi attrayant quand nous nous sentirons la vigueur d'adultes jeunes. Cela s'applique aux prestations aussi, en incluant les services médicaux aussi bien que les frais de subsistance: ceux-ci sont lourds aujourd'hui non pas parce qu'il y a beaucoup de personnes âgées actuellement mais parce qu'il y a beaucoup de personnes frêles, or il n'y aura plus de personnes frêles. Ceci est l'un des bienfaits les plus tangibles et clairs de la disparition du vieillissement: loin d'être de plus en plus consommées par les personnes âgées (comme c'est le cas avec les prestations sociales aujourd'hui), les richesses seront en fait redistribuées à la société pour tout le monde, peu importe l'âge.

Les tyrans vivraient pour toujours - on n'arrêterait pas le progrès

Les tyrans qui ne vieillissent pas peuvent être assassinés aussi facilement que les tyrans qui vieillissent, et la plupart des tyrans, de nos jours, ne meurent pas de vieillesse, donc cela ne me tracasse pas vraiment. Aussi, répandre simplement la démocratie semble fonctionner assez bien de façon préventive: je ne peux pas me rappeler un seul exemple dans l'Histoire post-romaine (le pouvez-vous?) d'un état qui a été une démocratie pendant plus de 15 ans et qui ensuite a cessé de l'être par une méthode autre qu'en étant conquis par une autre nation.(Note ajoutée après que ce paragraphe ait été mis en ligne: quelques exemples existent effectivement mais pas très convaincants. Le Chili a été une dictature depuis 1973 après 40 ans de démocratie, mais il l'est resté pendant 17 ans, ou peut-on dire seulement sept.) Une autre réfutation plutôt convaincante à l'argument concernant les tyrans est que la majorité des dictatures durent plus longtemps qu'un dictateur. Cela signifie que l'on doit tenir compte de la possibilité selon laquelle le successeur d'un dictateur tyrannique puisse même être pire. A supposer qu'on leur ait donné le choix, et avec le recul nécessaire, est-ce que la population de l'Union Soviétique des années 1920 aurait choisi un Lénine immortel sachant ce qu'ils ont connu après? J'imagine que c'est ce qu'ils auraient fait.

2) Les arguments biomédicaux selon lesquels ce ne serait pas bien de remédier au vieillissement

Who would want to spend any longer being frail and decrepit?

Sigh. The reason I find this particular objection among the most frustrating of all is that it's been answered not only by me, but by everyone working on the biology of aging, for well over half a century. It's so old that it even has a name - "the Tithonus error" - deriving from its similarity to a Greek myth, in which a goddess (Eos) fell in love with a warrior (Tithonus) and asked her father (Zeus) to make Tithonus immortal. In the myth, Zeus agreed to this, but it all ended in tears, because Eos had forgotten to ask Zeus to make Tithonus permanently youthful. Tithonus thus became frailer and frailer, until eventually Eos had to turn him into a grasshopper. The survival of this myth indicates that people find it comforting to pretend that life extension would not be such a good thing after all - what I call "the pro-aging trance." But it's a myth! As you can discover on my science pages (start here), the only way we'll ever be able to extend lifespan is by extending youthful, healthy, vigorous life. And my colleagues have been saying this since the dawn of biogerontology. The first issue of the oldest biogerontology journal, the Journal of Gerontology, had emblazoned on its cover the slogan "Adding life to years, not just years to life".

Actually it's even better than that. As you can read on my timeframes page, the rate at which we will improve our rejuvenation therapies once we make the first real breakthroughs will very probably exceed what I've called "longevity escape velocity" - which means that we'll be pushing the frail end of life further and further into the future as time passes. That means we won't actually have any frail time at the end of life.

What's the point of a youthful body while the brain is still aging?

This concern is an increasingly pervasive followup expressed by those who finally understand that the Tithonus error is an error. But it's just as misguided as the Tithonus error itself. It probably arises because we are currently seeing a huge rise in the prevalence of dementia as people live longer. The reasons we're seeing that are (a) that current medicine has made much less progress in delaying the average age of onset of dementia (in particular Alzheimer's disease) than it has for the major causes of death, i.e. cardiovascular disease and cancer, and (b) that Alzheimer's doesn't kill people quickly, so sufferers tend to spend a long time demented before they die.

But Alzheimer's disease will not be similarly resistant to the rejuvenation therapies that I work on. Just like all other diseases of old age, Alzheimer's is a consequence of accumulated molecular and cellular changes in the body (specifically in the brain in this case). We don't yet know for sure which of the changes that occur throughout life in the brain are the main cause of Alzheimer's - but, as you'll understand from my science pages, we don't need to know that: all we need to do is revert all those changes back to a more youthful state and we'll definitely revert the disease too. (Really advanced Alzheimer's is a different matter -- when lots of our memories and personality have disintegrated, there's no getting them back -- but I'm talking here about earlier stages.) In particular, there are three major things that happen -- accumulation of junk ("plaques") between cells, accumulation of a different type of junk ("tangles") inside cells, and death and non-replacement of cells. All of these things are on the list of SENS targets, and really good progress is being made on all of them.

Nous avons besoin de décès et de naissances pour maintenir la résistance de l'humanité aux infections

Il y a trois failles dans cette préoccupation - deux d'ordre logique et une d'ordre technologique. La première erreur logique est que toute vulnérabilité accrue aux pandémies se limitera d'elle-même, étant donné que toute perte massive de vies due à une telle pandémie sera suivie d'une période pendant laquelle la population pourra augmenter de nouveau - essentiellement, simplement en reproduisant ce que nous connaissons aujourd'hui excepté que les décès surviendront par vagues courtes plutôt qu'à un rythme constant, et que bien sûr ils seront surtout non précédés d'une longue période de déchéance comme cela se produit avec le vieillissement. The second logical error is that increased susceptibility to infection should not occur anyway, because it only results from a reduction in the genetic variety in the population, and a big reduction in birth and death rates will simply keep that variety constant. And the technological rebuttal of this worry is that one of the main prerequisites for SENS is effective and safe gene therapy, which will allow us to accelerate evolution by introducing genetic changes that we identify as protective into people who are already alive.

Interestingly, there's evidence that resistance to infections is already declining because modern hygiene and antibiotics are saving the lives of so many people whose natural immune systems are relatively weak, thereby stopping natural selection from maintaining the population at a high level of immune response. But no one is suggesting banning antibiotics in order to restore the population's imune response: rather, we carry on improving our medical defences against infections, so as to save even more lives.)

3) Personal or philosophical arguments why curing aging would be bad

The young are the most creative, so multi-centenarians would be ossified

How do you know? What is it about young and old brains that generally (not universally, let's remember) makes old people less creative? I see three possibilities: it's something about the biological aging of the brain, it's a consequence of the amount of information in the brain, or it's an artefact of social pressures (older people have less time to do the rumination and daydreaming that are so intrinsic to creativity). In all cases, we are in the clear. if it's because the older brain has lost cells and synaptic connections, or the interstitial fluid is more oxidised, etc.: well, the idea is to fix all that. If it's the amount we know: no problem, because by middle age we're already pretty much at steady state in terms of forgetting things as fast as we learn them, and we'll stay that way. If it's social, even better -- when age doesn't mean anything about ability, it won't mean anything about time either. In fact, it is eminently possible that the greater range of experience that very old people wil have, when combined with the avoidance of biological aging of the brain, will actually result in people with more cognitive flexibility and creativity than anyone (young or old) has today.

With so much time, we'd have no drive to excel

This is just silly. How much does our presumption of the inevitability of aging stop young adults from striving to excel today? No -- the opposite is true: there are things that no one attempts today because they feel they'll never get them done in a lifetime, and if a lifetime is a lot longer they'll try them.

With so much life at stake, we'd have to give up everything that's fun but risky

Some years ago I agreed with this and was genuinely concerned by it: we might become reluctant to leave our houses for fear of being hit by a falling rock, that sort of thing. In the book I published in 1999 about mitochondrial mutations and aging, which had just a few pages at the end about the social context of extreme life extension, I actually predicted that driving would be outlawed because it unacceptably risks the lives of people other than the driver. But now my feeling is that we will address this very real problem in just the same way as we will have addressed aging -- by technology. We will simply make risky activities less risky, rather than avoiding them. For example: cars with very sophisticated long-range sensors and automatic override are already quite within our capabiities to build and would reduce the risk of road accidents many-fold even in the context of severe human error. The only reason we don't build them already is that at present too low a proportion of deaths are from road accidents to make it a priority. But more than half of all accidental deaths are from road accidents, so when deaths from aging are eliminated they will comprise a much higher proportion of all deaths. We will have very different spending priorities as a result.

Our existing life course is a key part of what it means to be human

I tend to answer this statement with a few questions:

1) Do you think modern medicine has made us no longer human?

2) If you think modern medicine is a good thing (e.g., because it relieves pain and suffering, plus it has only extended lifespan a rather small amount if we ignore infant mortality) then do you consider longer lifespans to be an acceptable side-effect of the alleviation of pain and suffering that modern medicine increasingly provides? If so, is future medicine that extends lifespans a great deal more not also acceptable given that it will certainly also alleviate the suffering that is an intrinsic corollary of frailty and age-related debilitation?

3) Supposing that indefinite lifespans are indeed so transformative that possession of them would make us non-human: would the availability of such technology make us non-human in your view even if we chose not to use it? For example, supposing it were developed and you chose not to use it, would you nevertheless be rendered no longer human by its arrival? I ask this because if the availability is not a problem, only the use, then there is always the option for some (or indeed all) of society to preserve, or indeed reclaim, its humanity by turning its back on such therapies.

4) Many people dispute the view that rapid medical or other technological progress endangers our humanity. Would they be rendered non-human by the cure of aging, or is one's humanity a personal thing, something to be determined by each individual for themselves? The scenario that I foresee is that those who embrace this technology when it arrives will in fact regard those who reject it as not genuinely human, even more emphatically than the rejecters will similarly regard the adopters, simply because it has demonstrably been human nature to press forward with technology ever since we invented fire. Thus, if you are sure that you will reject such technology, those of us who feel otherwise may tend to regard you as already not really human. If you feel that human-ness is an objective characteristic, who are you to decide who has it and who doesn't?

It's not natural to escape aging, it's playing God

This type of "ethical" argument is possibly the most absurd of all -- a strong statement, I realise, given the stiffness of its competition -- because of the enormity of what it overlooks within its own scope. To stand back and (by one's inaction) cause someone to die sooner, when one could act to let them live a lot longer at no (or even at some modest) cost to oneself or anyone else, is arguably the second most unnatural thing a human can do, second only (and then by a very small margin) to causing someone's death by an explicit action. (Of course, there is plenty of departure from these ethics in the world, but that's not the point -- rejection of "the law of the jungle" is what most fundamentally defines humanity, and also what defines civilisation.) Thus, to ask humanity to accept the "naturalness" argument against life extension, and on that basis to delay the development of a cure for aging, is thus to ask it to transform itself into something as un-human as can be imagined. Even if such concerns were to turn out to be valid, it is for those who experience this diminution of their existence to act to restore it (e.g., by rejecting rejuvenation therapies that are on offer), not for us to make their choice for them.

One can also put this in terms of technology, rather than civilisation. It's clearly unnatural for us to accept the world as we find it: ever since we invented fire and the wheel, we've been demonstrating both our natural ability and our equally natural inherent desire to fix things that we don't like about ourselves and our environment. We would be going against that most fundamental aspect of what it is to be human if we decided that something so horrible as everyone getting frail and decrepit and dependent was something we should live with forever. And if you believe God put us here, presumably you also believe that God made us the way we are on purpose. Thus, if changing our world is playing God, it's just one more way in which God made us in His image.

This wouldn't be saving lives, it'd be extending lives

There's no difference between extending lives and saving lives. When we save someone's life, we give them the opportunity to live longer than they would otherwise have had the opportunity to live. Period. If you think you can state a clear-cut distinction between saving and extending someone's life, send me it. And don't forget that the life that rejuvenation therapies will allow is not one with extended frailty at the end of it, but one with no frailty, even at the end. Putting it another way: to say that we shouldn't cure aging is ageism, saying that old people are unworthy of medical care. That's not true: old people are people too.

One could, of course. come up with a concrete terminological distinction between extending lives and saving lives that might be useful for simple purposes of communication. But the point is that there is no moral difference between extending lives and saving lives. If it's good to cure ten-year-olds of leukemia and thereby give them the chance of another 70 years of healthy life, then it's also good to cure 80-year-olds of aging and give them that same chance. To deny this is to say that old people are worthless. I fully agree with Leon Kass and other bioconservatives that there is a concept of the "wisdom of repugnance" -- that ultimately, what is good and bad is defined by what feels natural and unnatural. But here what that means is that we should cure aging as soon as possible. I consider that saving lives is natural, and conversely that standing by and not doing life-saving research as quickly as possible is repugnant. It's not natural to condemn people to an unnecessarily early death.

We'd forget so much about our youth that we wouldn't be the same person

This is a non-issue, because we already have revolving memories and it doesn't bother us. I can't remember the names of everyone in my school class when I was 13, for example, but I don't consider myself to have died in the meantime. A large part of the reason this doesn't bother us is that we don't lose memories in first-in-first-out sequence -- the process of memory recall intrinsically reinforces a memory, so the things that we find important enough to remember (which are the things that define our self-image and identity) are maintained indefinitely, even though more superficial things are forgotten. This would be just as true for a 5000-year lifespan as for a 50-year one.

A biology-centric answer may also be useful here. Our memories (and indeed everything else about our personalities etc.) are stored in the connections between cells in the brain, and when a cell dies those connections are obviously lost forever, because a replacement cell will not necessarily hook up with exactly the same other cells even if it's in exactly the same place as the dead one was. Actually it's even worse than this, because brain cells sometimes atrophy a lot, losing a lot of their connections with other cells, even before they actually die. So it looks pretty difficult. But we're in luck, because of the way that the brain stores memories and so on. There's a lot we don't know about how it does that, but what we know for sure is that it's "holographic" -- a given fact or opinion or whatever is stored not in a single cell or connection but in the whole network of connections in the relevant brain region. So when a cell dies, it's just like losing a chunk of a hologram: the memory is still present, just that it's in a slightly less thoroughly "backed-up" form. Now, another thing we know is that distant memories hang on better if they are frequently recalled: I can remember my mother's name without any problem, but not the names of half the people in my primary school class which I learnt more recently, because I use my mother's name rather often and I never use my schoolmates' names. This is the crux of how we can maintain brain function and memories. If cells are replaced in the brain roughly at the same rate that they naturally die, they will be used by our normal cognitive processes that reinforce memories, just as if the cells had been there (unused) all along.

4) Arguments why curing aging isn't important

I don't even want to live to 1000!

Hang on though -- you won't live to 1000 any time soon, whatever we do. You'll live one year at a time, just as now, except that each year you will be just as youthful as the previous year. So the thing you should be asking yourself in deciding whether you want these therapies is not whether you want to live a really long time -- it's whether you want to get frail and decrepit and dependent and diseased, as everyone does now who lives long enough. If you don't want that to happen to you, you're going to want these therapies -- and if you end up living a really long time as a side-effect, maybe you will find it more enjoyable than you currently think.

I'm too old to have any chance of benefiting

So what? Are your children too old? All lives are valuable. Consider the passengers on flight 93, who overpowered the hijackers. They can't have thought they had much chance of saving their own lives. They must have acted as they did because they knew they were going to save a great many lives on the ground. Did they know whose lives? -- clearly not. And they didn't care.

I can tell you with my hand on my heart that that is really how I look at this crusade. Roughly two people die every second, worldwide, and more than half of those people die of causes that young people more or less never die of. So we're talking about the fact that aging kills one person a second, it kills a hundred thousand people a day, it kills thirty million people a year. This is a serious number of people. And saving lives is good. I don't actually think of it in terms of saving my own life as much as I used to. Of course, when I first got into this, I was thinking of my own prospects. One thinks selfishly by default. But the more I've been working on it, the more I appreciate the value of saving other people's lives as well. So at whatever level the science is, whether I feel there's any chance of saving my own life, or whether I feel that it goes without saying that I'll save my own life and it's only older people that I need to worry about, every day that I help to bring forward the true defeat of human aging is saving a hundred thousand lives, which is like, you know, thirty World Trade Centers. It's a serious business.

We should focus on curing disease and feeding the starving first

There are three errors in this idea. First, the question each of us must ask is how much difference we can make. Since the main problem with curing aging soon is getting the science done, the vast majority of people can make more difference to it than to starvation in the third world simply because the latter involves overpowering enormous political and economic pressures to preserve the status quo. Second, even if there were a choice between feeding the starving and curing aging, the arithmetic of healthy years added to people's lives by the two policies argues that we should put most of our effort into curing aging. But the third error is the most decisive: the idea that curing aging isn't urgent is based on the fact that it'll definitely take a couple of decades at least, whereas feeding the starving saves lives immediately. This is not logical. Consider two ways that someone (A) might kill someone else (B): A might shoot B, or A might build a house for B and purposely make the roof unsound so that it falls in and crushes B in bed a year later. The interval between A's action and B's death in these cases is different by perhaps seven or eight orders of magnitude, but is A's culpability any different? No. It's not different if B sells the house in the interval and the person who dies is C, either -- nor if by a fluke the roof falls in when there's no one home. So long as there is a pretty good chance that an action today will bring the cure for aging closer, that action today is saving lives.

Putting it another way: there is no difference between saving lives and extending lives, because in both cases we're giving people the chance of more life. To say that we shouldn't cure aging is ageism, saying that old people are unworthy of medical care. Old people are people too.

We should focus on postponing frailty, not death

Arguably the single most common misunderstanding about life extension is that it's about keeping people alive in a physically or mentally frail state. This is also the main problem that politicians have with life extension (on account of the expense, apart from anything else), and if there were the faintest shred of truth in it then it would indeed be a serious concern. But of course we're actually about extending or restoring physical and mental youthfulness and vitality. One of the things I often berate my colleagues for is that they pander to this: rather than take the bull by the horns and educate policy-makers and the public, they try to duck the issue by pretending that gerontology isn't about life extension at all, but rather about what's called "compression of morbidity" -- keeping us healthy until very soon before we die, without necessarily delaying death at all. This is really shameful, firstly because the science tells us quite clearly that anything which extends healthy lifespan is just about certain to extend total lifespan by the same amount, i.e. not to compress morbidity at all, and secondly because people who have only just ceased to be healthy will probably not be keen on dying just yet. Being scared to tell politicians the truth does nobody any good. There have been some minor compressions of morbidity in the past 20 years in the area of mild disability, but none whatever in severe disability, and this is why -- it's biologically impossible. Some people have much shorter morbidity before death than others, it's true, but they aren't in the state that they were 20 or 50 years previously.

Not only that, even the total elimination (compression to nothing) of morbidity is not so great if you think about it: dying tomorrow if you are still in the prime of health is no more attractive at 90 than at 40. (If you don't believe me, ask a truly healthy 90-year-old!)

Life is already long enough to do the full range of what life offers

Speak for yourself. I'm quite sure I'll never run out of new and exciting things to do. Now, I agree that that's largely because I have had a very good education that has taught me how to explore new avenues as and when I feel bored, and that those less lucky than me in that regard may have more limited horizons. But remember, when we cure aging we won't have many frail people any more, and frail people today are very, very expensive -- in terms of medical care, retirement benefits and also of course the fact that they're not contributing wealth to society the way youthful people are. A lot of this freed-up wealth will be spent on adult education and retraining to enhance the lives of those who have drawn the shorter straws in today's cash-strapped world. And on top of that, there will be time to do many things that we can't do now even if we dedicate our whole life, because they simply take too long -- visiting distant stars, for instance.



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